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Feetbook
Feetbook 7/8/08

Quand l’absurde rejoint le réel…

 

Feetbook est un projet fondé et réalisé grâce à une participation collective qui prend la forme d’une performance métaphorique dans les espaces publics et qui aboutira à une installation in situ. Sur des sites réels du Liban, les Libanais à l’étranger sont invités à une pathomimie (n.f. de patho-et mime. MÉD. Simulation consciente et inconsciente d’une maladie) exprimant ainsi, l’idée d’un déracinement collectif qui a irrévocablement influé leur destin.  

L’instabilité endémique au Liban ne permettant pas à la diaspora libanaise de retourner au bercail, celle-çi est appelée à être representée par le truchement de leurs souliers usés lors d’une excursion touristique explorant les quatre coins du pays. Chaque soulier chaussant le destin de son ex-propriétaire parlera de la trajectoire migratoire de ce dernier, et cela à travers un texte rédigé en langue arabe. Le Libanais d’ailleurs est rapatrié par ses propres chaussures. C’est le coup de pied du destin.

Les souliers éculés embarqueront dans une tournée guidée des endroits touristiques les plus recommandés par le bureau de tourisme libanais. Les chaussures rejoindront les vestiges de certains sites historiques, c’est l’alliage entre l’Histoire et l’historiette d’un peuple en perdition.  Par la suite, Feetbook participera à une exposition collective, là où une soirée de rencontre aura lieu le 05 août 2008 à 18h à la Galerie Janine Rubeiz où ces souliers seront hébergés en forme d’installation accompagnée de peintures sur papier et des photos souvenirs de leur excursion.

Cette simulation métaphorique est une image ironique et enviable qui exprime une répulsion véridique de la situation des Libanais vivants à l’étranger contre leur gré. 

 

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Régime féodale
Régime féodale 3/19/08

Régime féodale                  2006

 

L’idée de me retrouver dans les mêmes conditions d’une société féodale qui souffre encore de la maladie des élitismes me rend irritatif et demeure un problème irrésolu. Comme si on avait étiré l’espace du temps pour le conserver tel quel, le suspendant pour en faire une nature morte. Or cette élasticité subit une tension croissante qui finira tôt ou tard par se déchirer.

Une roue dégonflée demeure immobile et devient un objet de contemplation, à moins de lui assurer la pression d’air nécessaire pour poursuivre son chemin. Cela justifie l’absence conditionnelle du processus évolutif chez l’homme, dans une société souffrante et menacée par une politique irénique qui n’assure qu’un camouflage d’une structure en voie d’effritement. De même que, les maladies surgies récemment ne pourront point guérir par injection de médicaments dont l’invention date de belle lurette.

Il y a trente ans, les conditions politiques, religieuses et sociales m’ont obligé de quitter mon pays. Aujourd’hui comme hier et pour les mêmes raisons, d’autres jeunes quittent le pays. C’est toujours le même refrain. Les jeunes et leurs odeurs fraîches sont exportées et la pourriture reste, s’ammoncelle, devient toxique et, conséquemment, nous étouffe. Tout finira par exploser, comme il y a trente ans. Le pays est continuellement exposé à un danger destructif et de même son peuple se voit menacer de disparition. L’erreur se répète et le cycle de la vie suit son parcours.

Solidement ancré dans la réalité, mon projet de photos et d’installations est l’expression d’un langage métaphorique qui fait référence à des situations réelles de nature sociopolitique.

Au centre de la salle, la carte géographique du Liban, de 3 mètres de longueur, sera présentée par un assemblage de morceaux de charbons de bois.

Sur une table nappée de soie, vous retrouverez deux boîtes de chocolats en forme de croix et de croissant. De plus, des fers à marquer, utilisés pour identifier le bétail, seront exposés avec la marque de ¨ Muslim et Massihi¨-musulman et chrétien-écrite en néon rouge.  Quant aux murs, un ensemble de montage de photos traitées par photoshop sera exposé. 

The idea to finding myself today under the same conditions of a feudal society which still suffers from the disease of the elitisms, returns to me irritating and leaves the problem irresolute. As if one had stretched the space of time to preserve it just as it is, suspending it to make a still life of it. However this elasticity undergoes an increasing tension which will end early or late tearing up A deflated wheel remains motionless and becomes an object of contemplation, unless ensuring him the Wright pressure of air  to carry on its way. That justifies the conditional absence of the evolutionary process at the man, in a society suffering and threatened by an irenic policy which ensures only a camouflage of a structure in way of crumbling. Just as, the diseases emerged recently will not be able to cure by injection of drugs whose invention goes back to beautiful lurette.

Thirty years ago, the conditions political, religious and social obliged me to leave my country. Today like yesterday and for the same reasons, other young people leave the country. It is always the same refrain. The young people and their fresh odors are exported and the rot remains, accumulates, becomes toxic and chokes us. All will end up exploding, like thirty years ago. The country is continuously exposed to a danger destructive and the same its people see themselves threatening of disappearance. The error is repeated and life cycles it follows its course. Firmly anchored in reality, my project of photographs and installations is the expression of a metaphorical language which refers to real facts of sociopolitical nature. At the center of the space of the room, the geographical chart of the 3 meters length Lebanon will be presented by an assembly of pieces of coals. And on a nappée silk table, you will find, two boxes filled with chocolates in the shape of cross and crescent. Moreover, one assembly of numerical photographs will be exposed on the walls of the room.

 

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Le barbelé : Accroche-lambeaux
Le barbelé : Accroche-lambeaux 2/25/08

Quand la ronce barde la fleur…

Le fil de fer barbelé est christique. Quoique de nature ronceuse, le barbelé de Jésus exhorte la passion et l’abnégation. Descendant directement de la ronce, le barbelé, sous ses multiples formes-coupant et piquant-, assiège Beyrouth. La ville est détenue par les griffes de l’accès interdit à sa topographie. Jadis, il était un vestige de la guerre. Désormais, il est le prestige d’une nouvelle guerre, celle de l’attente, de l’imprévu et l’imprévisible. 

Soigneusement installé au cœur de l’architecture rurale de Beyrouth, son mouvement torsadé et sa présence physique mortuaire et psychosociale lui confèrent l’image d’une balafre pérenne qui conteste l’orbe étoilé,  d’une ceinture de chasteté pour un bordel mappe mondialisé. Malgré sa composition répétitive et menaçante, le barbelé figure parmi les objets urbains qui longe notre vie quotidienne. Un rappel pathologique de la précarité de la vie. Sa convenance, qu’elle soit authentique, esthétique ou politique, occupe notre espace privé et public et se classe au rang des objets de guerre décoratifs. Cette interrelation  entre l’individu et son environnement est façonnée se construit à travers l’action.  Selon Ittelson, « cet environnement, avec ses particularités, la manière dont il est investi et façonné par l’individu, qui participe de l’identité de l’individu et donne signification à son comportement.”

À travers une représentation métaphorique, à la fois enviable et ironique, je relève en question les valeurs symboliques, esthétiques, son statut social déphasé et, son harmonie sinistre au sein des espaces public et privé. 


The genesis of the barbwire finds its roots on the forehead of The Christ with the thorny crown. Albeit its spiky nature, the Holy barbwire exhorts passion and abnegation. Descending directly from the bramble, the prickly wire, with its multiple forms and shapes, besieges Beirut. The Capital is under the claws of forbidden access to its topography. Not so long ago, the barbwire was a vestige of the war. Today, it is the prestige of a new war. The war of the unforeseen and the unpredicted.

Neatly implemented in the heart of the rural architecture of Beirut, its twisted movement and its mortuary and psycho-social presence confirms the image of a an perennial scar, of a chastity belt for a united-national brothel

 

In spite of its repetitive and menacing composition, the barbwire figures amid the urban objects that escort our daily life. It is a pathological signal of the precarity of life. Its presence, be it authentic, esthetic or political, takes part of our private and public spaces and falls under the realm of the decorative objects of war. The inter-relationship between the individual and his barb wired environment, forges his social behavior vis-à-vis  himself and his surrounding milieu.

Through a metaphoric representation, equally enviable and ironic, I bring to the fore the symbolic and aesthetic values of the barbwire, shedding light on its surpassed social status and its sinister harmony within the public and private spaces.

Primarily, my project will be a combination of a video projection and essential materials such as wood, metal, flowers, clay, and so forth.

 

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Le casse-pipie des casseroles
Le casse-pipie des casseroles 1/25/08

Le casse-pipe des casseroles 



Pour des raisons politiques, ce projet n'a pas eu lieu. 2008

Les Libanais sont invités , à aligner leurs casseroles à l’envers sur un lot de terrain au centre-ville. La scène sera constituée d’une étendue de batterie de cuisine sans la présence d’aucune forme humaine. A ce niveau-là, la pluie orchestrera l’aboutissement du projet à travers son tambourinement sur les casseroles. L’accentuation de la cacophonie sera sujette au déversement inégal de l’ondée. Le désordre auditif engendré par la chute de la pluie et les casseroles sont symboliques à plus d’un égard. La casserole en elle-même incarne la faim, la misère et illustre le ventre creux des citoyens. Le tintamarre évoque le son des balles tirées aléatoirement. La population est assassinée par la disette et par le dédain des politiciens. Dans un espace ouvert comme celui du centre-ville, la flotte résonnera intensivement en concurrençant le pavé. Le cri de la famine est aqueux. Naguère, les Libanais avaient porté les armes pour revendiquer l’égalité sociale, mais à travers cette allégorie, leurs marmites deviennent le mégaphone de la pauvreté qui gangrène leur tissu social et familial.

 J’ai recours aux éléments ésotériques pour mener à bien ce projet : L’eau, la terre, l’air et le feu. Ce dernier, quoiqu’il ne soit pas réellement représenté, trouvera son expression dans le ‘feu de la colère’ des casseroles qui ne sont qu’un prolongement physique de chaque Libanais. 

The pang of the pans

 Prelude

 Albeit Beirut’s City Centre has been commercially paralyzed for over a year by the opposition’s sit-down, this form of passive demonstration has coerced many proprietors to close shops.

While in 1990 the weapons were deposed at the feet of the government, the occupation of the heart of the City propelled the country into an economic tailspin which setbacks have been disastrous on the population. In sum, it’s death in slow motion.

Project description

Lebanese will be invited to align their pans bottom down on a plot of land in the City Centre. The scene will be constituted of a blanket of pans without any human presence. At this stage, the rain will be the mainstream player leading this project towards its final expression through the sound of the raindrops crashing down on the pans. The auditory disorder engendered by the rainfall and the pots are symbolic at many levels.  The pots connote the hunger, the misery and illustrate the empty stomach of the citizens. The aquatic racket evokes the sound of bullets shot erratically. The population is assassinated by the famine and the disdain of the politicians. Of late, the Lebanese claimed at gunpoint their social equality. However, through this allegory, the casseroles become the megaphone of the poverty which is decaying their social and family fiber.

To drive my project, I have resorted to the esoteric elements: Water, earth, air and fire. Albeit the latter is not represented, it will find its expression in the “fire of wrath” of the casseroles which are nothing but the physical extension of each Lebanese.

 

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Frivolité de mes ailes
Frivolité de mes ailes 12/2/07

La mouchette

 

J’ai trouvé une mouche entraint de ce chauffer les pattes et les ailes dans mon café. Je l’observai, et très vite j’ai rèalisé qu’elle ne savait pas nager. J’étais à son secours. Je l’ai soigneusement sortie de son bain brûlant en la couvrant d’une serviette de papier Starbuck. Elle sufoquait de caféine. C’était propablement une tentative de suicide.

Sans trop chercher à comprendre, je l’ai prise chez moi. Avec le bout de mes doigts, je l’ai touché pour détecter un signe de vie. Je l’entendais à peine. Elle bourdonnait, elle frémissait, elle avait froid. Ces ailes étaient crispées et collées sur son corps. Je l’ai laissé au soins du temps. Ma mouchette ne volera plus jamais, elle est paralisait. Comment faire pour soigner une liberté amputée? privée de son espace public, comment ?

Avec la technologie savante d’aujourd’hui, j’ai la possibilité de lui simuler un environnement saint et propice qui répondera à tous ces besoins. Je pourrai lui recréer un monde là où les chances de survie deviennent possible. Un monde comme elle le désire, à l’abris de tous danger. Dans un espace virtuel préfabriqué, je pourrais lui offir une vie saine, unique et excluse de toute réalitée, à l’image d’un rêve parfait. Sans effort ni menace elle aura ainsi accès à ces fantasmes et ces désires. Elle pourra voyager à sa guise comme et quand elle voudra. Ma mouchette sera finallement libre. Elle n'aura plus besoin de ces ailes.

Cette expérience esthétique ne serait-elle pas un rêve réel et parfait, là où le monde réel est substitué par un meilleur monde. Après tout, sommes-nous pas les contracteurs de nos rêves?

 

 

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Le sacré et le profane
Le sacré et le profane 11/20/07

•Éprouvettes, olives, huile d’olives et plomb, 1m x 1m x 10cm. Une impression tragique se dégage de cet ensemble de petites éprouvettes suspendues à la même hauteur contenant chacune une olive baignant dans son huile, comme si l’installation constituait un système artificiel, complètement dénaturé, de fécondation in vitro. Son caractère répétitif et identique révèle les croyances animistes de notre ère postindustrielle. Ainsi isolée et schématisée, l’incubation des olives présente en quelque sorte notre identité qui perd son sens profond en adhérant aux nouvelles technologies de reproduction;  l’homme se détache de ses questionnements mystiques sur la quête de ses origines et s’exclut par le fait même de son espace naturel.

Mon projet consiste à exposer des étuves et dont chacune mesure 10 cm de longueur et 1.5 cm de diamètre. Chaque étuve contiendra une olive verte, un cotton et un plomb et de l’huile d’olive. Chaque tube sera suspendu du plafond par un fils transparent d’une distance et d’une hauteur égale. Ainsi, cette installation sera une forme carrée, soit 100 x 100 tubes, d’une grandeur approximative de 3 mètres carrés.

Cette œuvre sous-tend une image métaphorique qui représente le statut de déracinement de l’homme et la conservation de son identité. Ces olives exposées dans des tubes, nous conduisent vers un sens symbolique. Ainsi, la lumière que dégage la transparence des huiles jaunâtres et verdâtres créées une signification sacrée.

Quant à son aspect tragique, il s’apparente, somme toute, à l’incubation des olives et de ses noyaux dans des essences aussi naturelles que synthétiques et leur isolation dans un environnement artificiel. Ce produit importé et conservé soigneusement symbolise l’arrachement de l’homme de ses croyances et son exclusion de son espace naturel. En immobilisant l’objet (le corps) dans un espace restreint, l’homme est en totale inaction, il devient un sujet d’observation et de reproduction. Ainsi, la conservation de l’olive à un double sens. De nature iconographique, elle est à la fois sacrée et profane.

En fait, son caractère répétitif et identique met l’accent sur notre mode de vie post industriel. C’est, ce processus rationnel de reproduction artificielle ou encore mieux « le clonage », faisant état de la situation dramatique à laquelle nous sommes confrontés. En adhérant à des nouvelles conceptions de reproduction collectives, la conservation de l’identité perd son sens originaire pour enfin rejoindre le collectif. Ainsi, « il importe d’apprivoiser progressivement la technique, sinon la perte de l’unité du monde, et de la sacralité de la vie humaine provoque une scission entre le faux-soi adapté (propre, ponctuel, productif) mais irréel – et le vrai-soi mésadapté (colérique, désordonné, insoumis) mais réel.


 

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Esthétique du vide
Esthétique du vide 11/20/07

Nous naviguons dans l’espace de l’autre là où on y est sans y être. G. Ghazal

 Le « phénomène » au sens de la phénoménologie n’est rien de substantiel ni non plus l’expression d’une signification. Il est le sens même de l’être,  le paraître de ce qui paraît ; il n’est pas quelque chose qui apparaît parmi les choses apparaissantes, il est leur apparaître même et qui lui-même n’est rien d’apparaissant.  Art et savoir P. 164

 Nous vivons dans une ère esthétique désinfectée, aseptisée, voire assainie de l’imperfection qui se trouve au cœur de la beauté esthétique. Cette qualification que j’attribue à notre mode de vie actuelle sous-tend une image métaphorique sur le statut et les valeurs sociales de l’individu, là où il se retrouve immobilisé dans un espace-temps virtuel. Les nouvelles approches et tendances esthétiques se conforment et se marient avec la mode technologique. Ainsi, au gré et au plaisir de la science, l’être humain a  modifié ses relations physiques avec l’espace et le temps. Des changements et des ruptures subits ont coupé le pont entre l’homme et son vécu réel. Nous réagissons instantanément à des données interactives fondées sur une politique de médiatisation universelle. Les nouveautés surgissent de partout et en tout temps. Toujours en hybridation, elles accouchent et vivent leur sort à l’instant. L’éphémère a atomisé l’immortalité. Le délai ou l’attente disparaît et l’événement vit son immédiateté.

Notre adhésion collective, dans notre vie quotidienne, à la technologie semble porter des effets perceptibles quant à la perte progressive de la notion de l’identité. Autrement dit,  nous assistons aujourd’hui à une dissolution de notre expérience subjective avec le social. Nous embarquons dans un monde de lumière où le scintillement d’une luciole se méprend pour une irradiation d’inspiration. Suspendus au cœur du vide, nous vivons une sensation de non-existence, comme si l’esprit était envahi par une perpétuelle décomposition autant matérielle que spirituelle. C’est le couronnement du profane sur le sacré. En effet, nous sommes aspirés par un vide qui nous conduit vers une dépossession et une absence du Moi.

Cette atmosphère technologique développe en nous des émotions froides de méfiance et d’inquiétude, et nous enferme dans une société d’automates vivant sous l’abri d’un monde virtuel. Auparavant la société était fédérée par des valeurs humaines, alors qu’aujourd’hui elle est confédérée par un fatras de valeurs déstructurées sans fondement sinon la fange de la fugacité. Actuellement, notre expérience esthétique à changer de trajectoire. Elle est qualifiée de mode, de distraction et de disparition. Or qui dit disparition, dit distorsion, dépossession, évaporation, abolition, détérioration. En un mot, destruction.

L’expansion et l’omniprésence de la technologie impliquent nécessairement l’annihilation de certaines valeurs humaines. Nous subissons alors une altération de l’humanité par l’appauvrissement des valeurs humaines et la dissolution de notre subjectivité. À la condition humaine, on préfère le conditionnement.

Mon dessein est donc de représenter dans une installation, cet état nouveau - celui du ¨vide social¨-dans lequel l’individu a influé son lien avec le monde extérieur.

Pour ainsi conclure, ¨la planète terre a été à la fois miniaturisée et domestiquée. Elle peut désormais être livrée à domicile, comme un réfrigérateur ou un aspirateur¨(1)

1- DEBRAY,  Régis, Vie et mort de l’image, Mesnil-sur-l’Estrée, Editions Gallimard, 1994, p. 412

The Aesthetics of emptiness

We surf in the space of the other where one is there 

without being there.

By Ghassan Ghazal

We evolve in an aesthetic era, which is disinfected, antisepticised, doubtlessly decontaminated from imperfection, where precisely lies the crux of the aesthetic beauty.

Our way of living subtends a metaphorical image pinned down to the status and social values governing the individual, where he is enduringly trapped in the virtual duality of space-time. Thus, tossed around by science, the human being has altered his physical relationships with space and time. Enduring changes and ruptures blasted the bridge between the individual and his true-life. We instantly react to interactive indications founded on a universal “mediatisation “ policy. Novelties bolt from the blue. Everlastingly in hybridisation, these novelties live their fate instantly. The ephemerality has splintered immortality. The delay and the expectation vanish and the event itself is absorbed by its moment. In our daily life, our collective adherence to technology seems to carry in its bosom discernible effect with regards to the progressive loss of the notion of identity. In other words, we are witnessing the dissolution of our subjective experience with the social realm. We embark in a world of light where the twinkling of a firefly is mistaken for a radiation of an inspiration. Suspended in the heart of void, we live a sensation of non-existence, as if the spirit was forayed by a perpetual materialistic and spiritual decomposition. It is the profane dethroning the sacred. In effect, a vacuum that drives us towards a dispossession and an absence of the Ego aspirates us. In the past, the scalpel of revolutions and wars would change the face of History in general and societies in particular and the cycle of this change would take generations to soak in its social fiber. Nowadays, with the technological revolution, the classic weapons have been substituted with a keyboard. The keyboard represents the space that surrounds us. Lovers no longer look into each other’s eyes, they romance the screen.

This technological aura planted in us mistrust and anxiety and immured us in an automated, hyper-real society. . Previously, society was governed by human values, whereas today it is governed by a hotchpotch of destructured values that have no foundation other than the quagmire of fleetingness. Presently, our aesthetic experience has shifted its trajectory. It is certified as one of fashion, distraction and disappearance. Yet, who says disappearance says distortion, dispossession, evaporation, abolition and deterioration. In a nutshell: destruction. The expansion and omnipresence of technology certainly imply the annihilation of some of our human values. Therefore, we are subjected to the alteration of humanity through the impoverishment of the human values and the dissolution of our subjectivity. To the human condition we prefer the conditioning.

 

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Malaise méditatif
Malaise méditatif 11/20/07

Un claustrophobe se promenant dans les rues de Hamra est pris d’un besoin irrépressible de passer à la toilette. Il trouva un cabinet de toilette mobile érigé sur le trottoir. Ceci peut bien immédiatement régler le malaise du corps, mais il demeure à savoir comment et quoi faire avec le malaise de la pensée.

 Le claustrophobe est tiraillé entre garder la porte du cabinet d’aisance ouverte, exposant ainsi publiquement ces moments personnels et intimes, ou bien s’y enfermer et subir les affres de la claustrophobie. Son incertitude s’amplifie car en adoptant la première option, doit-il afficher sur la porte la raison de son comportement bizarre et, de ce fait, éveiller l’attention des piétons ?

Ainsi, cet individu se déchargeant dans un cabinet d’aisance avec une porte semi-ouverte touche à des questions éthiques, corporelles et psychiques.

Cette installation rurale et simulationniste exprime la tension de résistance de la pensée révélant une attitude inquiétante qui traverse autant l’individu que le collectif et qui, n’adhère point à la logique humaine. Cette  interaction directe et inhabituelle met la lumière sur une mutation troublante entre le moi et le monde, ce qui crée un désordre entre la perception de l’image et sa compréhension. 

 

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NAFAS
NAFAS 11/20/07

• “La violence et ce qui la cause deviennent une question de regard posé sur les choses. La multiplicité du regard ressort : la violence est culturelle. Elle est liée à des a priori culturels qui se traduisent par des pratiques politiques, sociales, religieuses, et qui touchent autant l'avènement de la chose que sa réception.”     

                                                                   CHANTAL PONTBRIAND

                               LA VIOLENCE DANS SA LAIDEUR

                               MIROIR SANS TAIN DU POUVOIR

•Ici, la mort est halal : un produit de consommation contrôlé, supervisé, certifié et entériné par les puissants pays étrangers, l’impuissance et l’impotence de notre gouvernement. La mort, l’ultime lapalissade, fabriquée ailleurs dans des usines robotisées ; le produit de consommation est déjà déshumanisé, elle sort de l’antre de la destruction dollarisée sous un rugissement qui, une fois importé chez nous, étouffera les hurlements et les sanglots de la population.

•Il est évident que cette image, à la fois ironique et cruelle ne manque point d’absurdité, là où la violence (miroir sans tain du pouvoir) réfléchit ces différentes facettes : sociale, politique, psychique et économique ; et qui constitue le centre même de ma problématique. il est de nature égocentrique, narcissique, autistique, puisqu’il y a rupture avec son entourage, et puise sa force aux dépens et de la faiblesse des autres en exerçant la loi du plus fort.

À prime à bord, mes installations sous-tendent une image métaphorique sur les enjeux de la guerre-‘on joue à la guerre’- et de son pouvoir. La dualité du pouvoir et de la guerre c’est le gant et la main. Un gant velouté dans une main de fer. Un pouvoir qui tisse sa trame sur la destinée humaine et une guerre qui effiloche le canevas de cette même destinée.

•Plusieurs boutons seront installés à même le sol, connectés par un fils électrique et qui serviront comme interrupteurs. Au moment où le spectateur pose le pied dessus, une pulsion d’air sera dégagée du ventilateur et propulsera les plumes dans les airs, incitant ainsi l’idée de respiration et d’explosion. La dimension métaphorique du corps humain représenté par une boîte transparente et les plumes arrachées de leur peau créent forcément une narration symbolique sur la douleur autant psychique que physique.

 

 

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